Face à deux menaces sanitaires qui guettent le Burundi, le Royaume-Uni a décidé de mettre la main au portefeuille. Le Foreign, Commonwealth & Development Office britannique vient d’annoncer une contribution de 1,1 million de livres sterling à l’UNICEF Burundi, destinée à renforcer les capacités du pays à anticiper, prévenir et répondre aux risques épidémiques que représentent le choléra et la maladie à virus Ebola, notamment la souche Bundibugyo qui inquiète la région des Grands Lacs.
Ce financement ne tombe pas du ciel. Il s’inscrit dans un partenariat tripartite entre le gouvernement burundais, Londres et l’UNICEF, construit autour des priorités sanitaires que Bujumbura a elle-même définies pour protéger sa population. Une approche qui tranche avec la logique d’aide imposée de l’extérieur, et qui donne à cette contribution une légitimité et une efficacité potentielle bien supérieures à ce que permettent les projets plaqués sans concertation sur des réalités locales mal comprises.
Une première enveloppe de 300 000 livres sterling, couvrant une période allant jusqu’à mars 2027, sera spécifiquement consacrée à la lutte contre le choléra. Les Centres de Traitement du Choléra de la Clinique Prince Louis Rwagasore et de Rubirizi seront les premiers bénéficiaires de cet appui, qui permettra d’améliorer concrètement la prise en charge des patients, d’optimiser les circuits de soins et de muscler les dispositifs de prévention et de contrôle des infections. La surveillance épidémiologique, la capacité de réponse rapide et l’accès à l’eau potable et à l’assainissement bénéficieront également de cet investissement, autant de maillons d’une chaîne préventive dont la solidité déterminera l’ampleur des prochaines crises.
Dans un pays qui partage ses frontières avec une République Démocratique du Congo traversée par des flambées récurrentes des deux maladies visées, investir dans la préparation sanitaire du Burundi relève autant de la solidarité internationale que du calcul épidémiologique élémentaire. Les virus ne s’arrêtent pas aux postes frontière, et chaque système de santé renforcé dans la sous-région constitue un rempart supplémentaire pour l’ensemble du continent.



